Changement de cycle

Décidément, en ce moment, le monde qui entoure votre serviteur a un parfum de changement. Tout parait plus fade (sauf toi, bien sur, qui éclaire chaque instant de ma vie), passé, vide et sans intérêt.

Que l’on me comprenne, jamais je n’ai souhaité nécessairement être un voyageur, mais voilà, la vie s’il est une Volonté quelque part, me l’a imposé sous peine de perdre les derniers relents de santé mentale qu’il me restait.

Et s’il est une chose étrange pour tous les voyageurs, c’est que la valise n’est jamais bien loin, et que l’on finit par se dire avec une sérénité atroce “Je suis déjà parti, j’ai déjà tout recommencé, une fois de plus ne sera après tout qu’une expérience déjà à moitié vécue” … Et la tentation revient, cette tentation de laisser encore une fois le passé derrière, et d’aller chercher ailleurs un eldorado qui n’existe que dans le coeur des enfants de tous ages. Un Eldorado qui n’est pas, n’a jamais été, mais a besoin d’exister dans le coeur de certain d’entre nous pour que tous continuent d’avancer, sereins et éteints, vers la mort.

Dix-huit mois. Voilà dix-huit long mois que je tente, que j’essaie par tous les moyens de faire entendre raison à ceux qui me fournissent argent et soucis. Et pour quel résultat ? Des avis négligés, des résultats invisibles, pour des erreurs prévisibles, et faites, oh oui, faites.

Mais voilà, à présent la situation est différente, il n’y a pas une, mais deux valises sur le pas de la porte de nos vies. Qui suis-je pour lui demander ça ? Et quand bien même elle le souhaite, et quand bien même avec son visage d’ange, elle m’a assuré en souriant qu’elle voulait bien me suivre, mais qui suis-je pour influencer ainsi, maudit démiurge, la vie de ceux qui m’entourent ?

Oh, je vous entends, ricaner que je suis chef d’équipe et de département, oh je vous entends dire que je le fais tous les jours, mais dites vous que ce n’est pas parce que quelque chose est habituel qu’il n’est pas pénible. Vous vivez bien, vous, non ?

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